A côté de nos trésors « Art nouveau » et de notre « urbanisme horloger » inscrit à l’UNESCO,
le bâti des Trente Glorieuses,
ce « troisième joyau chaux-de-fonnier », demeure méconnu… et réclame une protection urgente !
C’est l’ambition de l’Association « Glorieux Héritages » que de porter, en collaboration avec les acteurs concernés, attention et soins à ce patrimoine menacé.
Parmi les diverses organisations qui soutiennent GH, nous souhaitons mettre en avant les trois entités ci-dessous, qui se sont montrées particulièrement généreuses dès la première heure…
«Glorieux Héritages»? Un collectif d’habitants passionnés au service
de la sauvegarde du « troisième joyau » de notre patrimoine chaux-de-fonnier
Pour expliquer l’entrée particulièrement tonique dans l’époque des Trente Glorieuses qu’a connue La Chaux-de-Fonds, trois éléments de contexte doivent être impérativement rappelés : sans leur action – de l’ordre de la continuité pour les deux premiers, et relevant de la rupture pour le troisième –, on ne comprendrait pas ce jaillissement immédiat, sitôt survenue la chute du 3ème Reich.
Entre niveaux « macro » et « micro », une réputation de longue date des bâtisseurs « montagnons »
La Chaux-de-Fonds est connue depuis bien longtemps pour ses riches trésors liés à l’histoire du patrimoine bâti. D’un point de vue chronologique, son premier atout relève d’une appréhension « macro » de la Cité, via l’organisation de son espace comme tel : c’est le fameux « Urbanisme horloger », inscrit depuis 2009 à l’UNESCO. Notre ville s’est cependant aussi fait connaître, à compter des années 1900, pour une expression plus « micro » de son art de construire : on pense ici bien sûr à la décoration de ses intérieurs, tout particulièrement, via l’Art nouveau. Et à l’expression locale de ce vaste mouvement, appelée ici le « Style Sapin ».
Relevant de la stricte architecture, cette fois, le bâti « 30G », ce joyau méconnu… voire, ici ou là, peu apprécié !
A côté de ces deux trésors, tous deux commandées par les besoins (luminosité des ateliers ici, recherche de designs innovants là) de la production horlogère, notre ville détient toutefois une troisième « perle » patrimonial, voué à ce même but. Strictement architecturale, pour sa part (niveau « mezzo »), celle-ci est moins connue pour la bonne raison qu’elle divise encore, entre enthousiasme des passionnés et désintérêt de beaucoup d’autres, dont… une fraction importante de la population locale ! On veut parler des nombreux ouvrages édifiés au cours de cette période si dynamique que furent, dans notre ville, les «Trente Glorieuses» (1945-1975).
Pour valoriser ce bâti et travailler à sa sauvegarde, une association toute récente, «Glorieux Héritages»
Si le seul enjeu, dans cette affaire, était d’attendre que l’habituel recul s’installe et que les décennies 45-75 regagne le cœur des habitants, on pourrait prendre son mal en patience… Mais le problème est que le temps manque cruellement ! De fait, divers périls mortels menacent aujourd’hui ces ouvrages d’une grande richesse. Pour tenter d’inverser la tendance, l’Association « Glorieux Héritages » s’est donc constituée au printemps 2026. Son but : réconcilier les Chaux-de-Fonnier.e.s avec cette partie hautement passionnante de leur mémoire collective, correspondant aux derniers flamboiements de ce que K. MARX désignait comme la « Cité-manufacture ».
Quand GH prend le parti de s’improviser dessinatrice de BD « vintage » …
Pour sa première opération de communication, destinée tout à la fois à la faire connaître plus largement et à lui assurer quelque financement, l’Asso¬ciation « Glorieux Héritages » a fait le choix de quitter son registre « naturel » des photos d’époque, aussi élégantes puissent-elles être : en lieu et place de ces témoignages argentiques, ce sont des illustrations créées de toutes pièces qui, pour cette opération précise, seraient mobilisées. Le regard adopté à cette occasion ? Celui de la BD de nos années « glorieuses », pour une Chaux-de-Fonds conjuguant américaines rutilantes et tenues vestimentaires de l’époque…
Quant au moyen de composer ces illustrations, le Comité de GH a bien sûr pensé, en premier lieu, à faire appel à l’un.e ou l’autre des excellents illustrateurs.trices que compte notre région. Mais un obstacle a très vite invalidé ce projet : comment payer cet.te artiste, en ces débuts d’activité largement désargentés qui sont les nôtres ? Nous n’aurions pu proposer qu’un prix ridicule, sans rapport avec le temps exigé… Aussi avons-nous décidé de nous rappeler que le goût de l’histoire n’exclut pas de vivre avec son temps : c’est ainsi que nous avons choisi, non sans quelques hésitations, de faire appel à l’IA !
Qu’on ne se méprenne pas : au-delà de l’étonnement sincère face à l’agilité de ces tout nouveaux outils graphiques, nous n’avons pu, au moment de prendre ce parti, nous défaire d’un certain malaise. Il faudrait vivre dans une grotte, en effet, pour ignorer que l’IA oppose une concurrence fort déloyale aux créateurs graphiques. De la même manière la consommation frénétique en ressource qu’elle réclame n’est ignorée de personne. Aussi avons-nous opté pour un « chemin de crête » : nous persévérerions dans notre projet, mais en l’assortissant d’une série de mesures éthiques pour en atténuer les effets.
